La Lotus Elan +2 Type 50 incarne une manière de concevoir l’automobile, une philosophie, fidèle au credo de Colin Chapman “light is right”. Elle ne cherche pas à impressionner par la force brute mais, par l’intelligence de sa conception.
Ici, la légèreté n’est pas un argument marketing, mais une obsession. Ses 850 kg ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d’un châssis à poutre centrale, d’une rigidité remarquable, associé à une carrosserie en fibre de verre encore audacieuse pour son époque. Et c’est précisément cette approche qui permet à la +2 d’afficher un rapport poids/puissance digne de sportives bien plus imposantes. Grâce à un centre de gravité bas, des suspensions indépendantes et une direction d’une précision remarquable, elle offre un comportement d’une finesse presque chirurgicale. Elle est de ces rares automobiles capables de transporter une famille… tout en tenant tête à des machines autrement plus radicales sur circuit.
Au cœur de cette architecture, le moteur Lotus Twin Cam apparaît comme une pièce d’orfèvrerie. Avec son double arbre à cames en tête, il incarne une technologie avancée pour son temps. Mais au-delà des chiffres, c’est son caractère qui marque : des montées en régime franches, une sonorité reconnaissable entre toutes.
Avec le recul, ce qui frappe le plus est sans doute son avance sur son temps. L’approche qui consiste à privilégier l’efficacité à la puissance, réduire la masse plutôt que d’augmenter la débauche d’énergie, résonne aujourd’hui avec une étonnante modernité. C’est sans doute pour cela que la Lotus Elan +2 Type 50 reste mythique. Elle réussit une équation que peu d’automobiles parviennent à résoudre sans compromis : conjuguer une véritable sportivité, une utilisation quotidienne, une innovation technique marquante et une élégance intemporelle. Une voiture rare, non seulement par sa diffusion, mais par la justesse de sa vision.
Et qui plus est, la Lotus Elan + 2 Green Spirit Racing #29 est l’une des très rares Elan +2 engagées en compétition à l’échelle mondiale et la seule connue en France dans une configuration course avec volant à gauche. Elle ne relève plus seulement de la collection. Elle devient une pièce unique dans l’histoire même de Lotus.
Châssis et mécanique dérivés de l’Elan S3. Le coupé +2 commença sa carrière avec le bloc Twin Cam SE de 115/118ch et utilisa par la suite le bloc 126ch « big valve » des Elan Sprint.
Moteur Twin Cam Lotus :
4 cylindres en ligne
Distribution :
Double arbre à came en tête
Alimentation :
2 carburateurs double corps
Châssis :
Poutre en acier
Carrosserie :
Fibre de verre
Puissance :
118ch
Poids :
850kg
Cylindrée :
1558 cm3
Boite de vitesse :
Manuelle avec 4 rapports
Freinage :
4 freins à disque
Transmission :
Propulsion
Colin Chapman (1928-1982) n’a pas seulement fondé Lotus Cars et Team Lotus : il a profondément transformé la manière de penser l’automobile et la compétition. Ingénieur visionnaire, il imposa une idée simple, presque radicale dans sa formulation : “Simplify, then add lightness”. Simplifier, puis alléger – une devise qui allait devenir l’un des principes les plus influents de l’ingénierie moderne.
Cette approche donna naissance à certaines des innovations les plus marquantes du sport automobile. Avec la Lotus 25, il introduisit le châssis monocoque en Formule 1, révolutionnant rigidité et sécurité. Il fut également un pionnier de l’aérodynamique moderne, explora très tôt les suspensions actives et poussa l’intégration du moteur et du châssis à un niveau inédit, toujours dans cette quête d’efficacité absolue.
Sous sa direction, Team Lotus s’imposa comme une référence, accumulant 7 titres constructeurs et 6 titres pilotes, et inscrivant durablement son nom dans l’histoire de la Formule 1. Mais au-delà des chiffres, c’est une manière de penser qui s’imposa : une culture de l’innovation permanente, du refus des solutions évidentes et de la recherche d’un avantage là où les autres ne regardaient pas.
C’est précisément cette philosophie qui résonne aujourd’hui avec le projet Green Spirit Racing. Le lien ne tient pas seulement à l’héritage technique de Lotus, mais à une vision commune : celle d’une performance obtenue par l’intelligence plutôt que par la démesure.
Chapman cherchait à faire mieux avec moins. Le recours entre autres au biocarburant s’inscrit dans cette même logique : produire de la performance tout en réduisant l’impact environnemental. Là où, hier, l’enjeu était de gagner en légèreté pour aller plus vite, il s’agit aujourd’hui d’optimiser l’ensemble du système pour concilier vitesse et responsabilité.
Lotus n’a jamais suivi les règles établies ; la marque les redéfinissait. De la même manière, Green Spirit Racing s’inscrit dans une dynamique d’innovation qui dépasse le simple cadre technologique : il s’agit de faire évoluer les standards du sport mécanique, d’ouvrir une voie nouvelle où la performance ne s’oppose plus à la conscience environnementale.
Car la frontière a changé. À l’époque de Chapman, l’objectif était la performance pure. Aujourd’hui, l’enjeu est plus complexe, plus exigeant aussi : il s’agit de conjuguer performance et durabilité, compétition et technologies propres, image moderne et responsabilité. Non pas renoncer à l’exigence sportive, mais l’élever.
Colin Chapman n’était pas seulement un ingénieur : il était un disrupteur, au sens le plus noble du terme. Il questionnait l’évidence, bousculait les conventions, et transformait ses intuitions en réalités concrètes.
C’est dans cet esprit que s’inscrit aujourd’hui Green Spirit Racing : alléger, optimiser, innover, non seulement pour aller plus vite, mais pour aller plus loin. Remettre en question l’existant, non par posture, mais par exigence. Et, peut-être, à son tour, définir une nouvelle référence.